"Qu'en est-il de notre savoir s'il reste sans conséquence ? A l'heure de quitter ce monde, il ne s'agira pas d'avoir été bon, cela ne suffit pas. Il s'agira de quitter un monde bon." Bertolt Brecht
15.2.08
8.2.08
Mais alors que faire ?
A la fin du film, Al Gore propose des solutions simples et concrètes pour sauver la planète (il s’agit en fait de sauver l’espèce humaine mais Al n’est pas à une approximation près…).
Ainsi, on vous explique sérieusement (!) qu’il faut « acheter une voiture hybride », « défendre les véhicules qui roulent aux biocarburants », « dire à nos amis de regarder le film » ou encore « prier le Seigneur pour que ça change (!!!) ».
Pour léguer un monde potable à nos enfants, il faudra faire plus, beaucoup plus. Voici quelques pistes :
- N’achetez pas de voiture. Si vous avez vraiment besoin d’une voiture, louez-la. Sinon, achetez-la à plusieurs avec votre femme, votre mari, votre soeur ou mieux avec vos amis ou vos voisins. Si vous ne pouvez pas faire autrement, attendez l’année prochaine avant d’acheter : des voitures solaires seront disponibles. Si vous achetez une voiture, respectez scrupuleusement le code de la route, vous serez moins dangereux et vous polluerez moins. N'oubliez pas non plus de bien gonfler vos pneus et de faire réviser votre caisse régulièrement.
- Ne prenez plus l’avion. Demandez à vos dirigeants de mettre en place un système de restrictions pour les voyages en avion (un aller-retour maxi par an et par personne). Demandez à vos dirigeants de taxer le transport aérien. Demandez à vos dirigeants d’interdire les survols des villes de 22h à 7h du matin. Demandez à vos dirigeants d’abolir les compagnies low-cost. Si vous prenez l’avion, reversez une compensation volontaire pour la pollution engendrée à des associations de lutte pour l’environnement. Si vous prenez l’avion, restez sur votre lieu de destination au moins un mois. Pour aller sur d’autres continents, tentez de prendre le bateau. Pour voyager en Europe, prenez le train.
- A ceux qui disent que vous détruirez de l’emploi, répondez que les productivistes détruisent les conditions de vie des générations futures. Répondez que l’écologie est porteuse d’emplois dans des secteurs innovants (isolation, énergies renouvelables, économies d’énergie, recyclage, transports publics…).
- N’achetez que des produits locaux. Entre des produits bio du Vénézuela et des produits traditionnels de votre région, choisissez les seconds. Demandez à vos dirigeants de surtaxer les produits qui viennent d’autres continents. A ceux qui disent que vous contribuerez à plomber le commerce extérieur, répondez que généralement les producteurs du Sud ne sont mêmes pas capables d’acheter les produits qu’ils envoient chez nous. Au moins, si les produits restent là-bas, les autochtones pourront en profiter.
- Demandez à vos dirigeants de diminuer progressivement le nombre de courses automobiles (Enduropale, rallyes en tout genre, F1, motos, Dakar...) jusqu'à les supprimer totalement dans les années à venir.
- Votez pour les Verts, adhérez à Greenpeace ou aux Amis de la Terre, lisez la Décroissance, Silence, L’âge de Faire, préférez Le cauchemar de Darwin à Une vérité qui dérange.
- Préférez les ouvrages de Cochet, Sinaï, Ellul, Illich, Gorz, Beck, Dumont à ceux de Hulot, Arthus-Bertrand, Juppé ou
Lepage.
- Travaillez moins pour gagner moins et vivre mieux.
- Achetez moins. A ceux qui vous disent que vous allez engendrer une récession, répondez que le bonheur spirituel est accessible avec peu de biens matériels.
- Demandez à vos dirigeants de taxer la publicité, activité vaine et destructrice.
- Prenez conscience que l’écologie est une lutte, qu’elle ne fait pas consensus, qu’elle nécessite des efforts et des concessions…
- Réfléchissez bien avant de faire un enfant.
- N’achetez pas d’écran plat.
- Ne jetez plus, ne gâchez rien !
- Ne tirez pas la chasse d’eau pour un petit pipi. Si votre compagne-on est d’accord, installez des toilettes sèches chez vous (une poubelle, un sac et des copeaux de bois suffisent).
- Dîtes vous que le progrès, ce n’est pas forcément synonyme de technologies nouvelles. Dîtes-vous que le vrai progrès en Occident, ce n’est pas plus mais moins.
- Arrêtez de croire que le PIB est un indicateur de référence.
- Doutez de vous, de vos connaissances, de celles des autres. Soyez un(e) citoyen(ne) responsable.
- Faîtes du sport, faîtes l’amour, jouer aux cartes avec vos potes, aller au cinéma, au théâtre, au musée, louez des DVD, rendez visite à votre famille en vélo ou en train, allez vous promener, engagez-vous dans une association, prenez le temps de vivre…
Samuel Duhamel
Ainsi, on vous explique sérieusement (!) qu’il faut « acheter une voiture hybride », « défendre les véhicules qui roulent aux biocarburants », « dire à nos amis de regarder le film » ou encore « prier le Seigneur pour que ça change (!!!) ».
Pour léguer un monde potable à nos enfants, il faudra faire plus, beaucoup plus. Voici quelques pistes :
- N’achetez pas de voiture. Si vous avez vraiment besoin d’une voiture, louez-la. Sinon, achetez-la à plusieurs avec votre femme, votre mari, votre soeur ou mieux avec vos amis ou vos voisins. Si vous ne pouvez pas faire autrement, attendez l’année prochaine avant d’acheter : des voitures solaires seront disponibles. Si vous achetez une voiture, respectez scrupuleusement le code de la route, vous serez moins dangereux et vous polluerez moins. N'oubliez pas non plus de bien gonfler vos pneus et de faire réviser votre caisse régulièrement.- Ne prenez plus l’avion. Demandez à vos dirigeants de mettre en place un système de restrictions pour les voyages en avion (un aller-retour maxi par an et par personne). Demandez à vos dirigeants de taxer le transport aérien. Demandez à vos dirigeants d’interdire les survols des villes de 22h à 7h du matin. Demandez à vos dirigeants d’abolir les compagnies low-cost. Si vous prenez l’avion, reversez une compensation volontaire pour la pollution engendrée à des associations de lutte pour l’environnement. Si vous prenez l’avion, restez sur votre lieu de destination au moins un mois. Pour aller sur d’autres continents, tentez de prendre le bateau. Pour voyager en Europe, prenez le train.
- A ceux qui disent que vous détruirez de l’emploi, répondez que les productivistes détruisent les conditions de vie des générations futures. Répondez que l’écologie est porteuse d’emplois dans des secteurs innovants (isolation, énergies renouvelables, économies d’énergie, recyclage, transports publics…).
- N’achetez que des produits locaux. Entre des produits bio du Vénézuela et des produits traditionnels de votre région, choisissez les seconds. Demandez à vos dirigeants de surtaxer les produits qui viennent d’autres continents. A ceux qui disent que vous contribuerez à plomber le commerce extérieur, répondez que généralement les producteurs du Sud ne sont mêmes pas capables d’acheter les produits qu’ils envoient chez nous. Au moins, si les produits restent là-bas, les autochtones pourront en profiter.- Demandez à vos dirigeants de diminuer progressivement le nombre de courses automobiles (Enduropale, rallyes en tout genre, F1, motos, Dakar...) jusqu'à les supprimer totalement dans les années à venir.
- Votez pour les Verts, adhérez à Greenpeace ou aux Amis de la Terre, lisez la Décroissance, Silence, L’âge de Faire, préférez Le cauchemar de Darwin à Une vérité qui dérange.
- Préférez les ouvrages de Cochet, Sinaï, Ellul, Illich, Gorz, Beck, Dumont à ceux de Hulot, Arthus-Bertrand, Juppé ou
Lepage.- Travaillez moins pour gagner moins et vivre mieux.
- Achetez moins. A ceux qui vous disent que vous allez engendrer une récession, répondez que le bonheur spirituel est accessible avec peu de biens matériels.
- Demandez à vos dirigeants de taxer la publicité, activité vaine et destructrice.
- Prenez conscience que l’écologie est une lutte, qu’elle ne fait pas consensus, qu’elle nécessite des efforts et des concessions…
- Réfléchissez bien avant de faire un enfant.
- N’achetez pas d’écran plat.
- Ne jetez plus, ne gâchez rien !
- Ne tirez pas la chasse d’eau pour un petit pipi. Si votre compagne-on est d’accord, installez des toilettes sèches chez vous (une poubelle, un sac et des copeaux de bois suffisent).
- Dîtes vous que le progrès, ce n’est pas forcément synonyme de technologies nouvelles. Dîtes-vous que le vrai progrès en Occident, ce n’est pas plus mais moins.
- Arrêtez de croire que le PIB est un indicateur de référence.
- Doutez de vous, de vos connaissances, de celles des autres. Soyez un(e) citoyen(ne) responsable.
- Faîtes du sport, faîtes l’amour, jouer aux cartes avec vos potes, aller au cinéma, au théâtre, au musée, louez des DVD, rendez visite à votre famille en vélo ou en train, allez vous promener, engagez-vous dans une association, prenez le temps de vivre…
Samuel Duhamel
31.1.08
24.1.08
9.1.08
Zidane, le dernier « au revoir »
Ses deux coups de tête rageurs en finale de coupe du monde, son transfert au Real Madrid – le plus cher l’Histoire du football –, sa reprise de volée splendide en finale de la Ligue des Champions, ses deux buts pour sa première sélection en bleu, ses roulettes made in Castellane, sa panenka face à Gianluigi Buffon… Au final, que retenir de l’exceptionnelle carrière de Zinedine Zidane ?C’est cette question que posent Alix Delaporte et Stéphane Meunier dans leur documentaire, Le dernier match (production 2P2L). En moins d’une heure et quart, ils passent en revue les grands moments de la vie professionnelle du maestro, de ses débuts à Cannes jusqu’à son coup de sang lors de la finale du mondial 2006. On pensait avoir déjà tout vu… Erreur ! Le documentaire ne s’arrête pas seulement sur les principales victoires et les plus beaux dribbles de Zidane. Il va bien au-delà…
Grâce à une complicité tissée durant dix ans, Meunier a pu rentrer dans l’intimité du joueur et saisir comment le petit Yazid est devenu le grand Zidane. Des débuts prometteurs à la Bocca jusqu’aux exploits au stade Bernabeu, le joueur s’est forgé un mental à toute épreuve. Il a puisé sa force dans la fragilité existentielle de ses parents. Il a travaillé d’arrache-pied pour fructifier son talent et rester toute sa carrière un ton au-dessus des autres sur le terrain. Il a réfléchi au sens de sa carrière, de son génie, de sa vie… pour conquérir tous les titres possibles et imaginables.
Dans le documentaire, on découvre un Zidane simple, humble et accessible. Un homme qui a fait rêver des millions de supporteurs mais pas seulement… Pour la première fois, on entend des footballeurs de premier plan raconter leur admiration pour l’ancien milieu de terrain. De Beckham avouant l’éviter sur le terrain par peur d’être ridiculisé, jusqu’à Abidal qui utilisait son pied droit juste pour lui plaire… Mais l’histoire du dernier match est surtout celle de la famille Zidane, venue encourager leur héros pour son ultime rencontre avec Madrid. La séquence est intense, elle dépasse largement le cercle du sport pour entrer dans celle du rêve, un rêve qui s’achève pour ses proches, pour son public, pour tous les amateurs de ballon rond…
Porté par la voix suave de Roschdy Zem et par une entraînante chanson de Delphine Labey, le documentaire mérite donc le détour. Riche en intervenants (Lippi, Ancellotti, Dugarry, Lizarazu, Vieira…), soigné au niveau du cadre et de la lumière, le dernier match rendra nostalgiques tous les supporteurs des bleus, archi-gâtés par leur champion ces dix dernières années. Il donnera des frissons à tous les footeux, transportés par la divine élégance du génie, ballon au pied. Il fera pleurer les supporteurs français, regrettant déjà les partitions inégalables du maestro marseillais… Car comme le dit Yannick Noah : « Sans Zidane, on gagnera peut-être encore… mais plus jamais de la même façon. » Voilà sans doute ce qu’il faut retenir de la fabuleuse carrière du plus grand des numéros 10…
Samuel Duhamel
Le dernier match, d’Alix Delaporte et Stéphane Meunier, 72 min
Prod : 2P2L, 2007
19 € 99
28.12.07
28.10.07
Promenade filmée de Cormontaigne... au Groland !
En marge de la campagne des municipales, la semaine dernière, une chaîne de télévision a filmé le quartier, de la place Cormontaigne à la rue Roland. Le reportage, destiné au public senior d’un nouveau réseau câblé, a ciblé des propos qui se voulaient sérieux. Mais cela n’a pas empêché une dose d’humour des participants quand, par exemple, le groupe de promeneurs s’est retrouvé dans la présipauté de la rue (G)Roland.
La semaine dernière, au milieu d’une promenade « de campagne » en milieu urbain, une caméra a braqué son objectif sur quelques sites et habitants du quartier. Aux commandes, Samuel, jeune JRI (journaliste reporter d’images) ayant fait ses études à Lille. Il n’a pas oublié la capitale des Flandres en proposant un certain nombre de sujets nordistes aux producteurs d’une émission baptisée « Temps libre » et destinée à être diffusée – via le câble, le satellite ou le web – sur une nouvelle chaîne de télévision parisienne. Le public de ce nouveau média créé à l’initiative de Philippe Gildas ? « Les plus de 45 ans », précise Samuel qui a eu l’occasion de filmer là quelques artères de Vauban plus que d’Esquermes.
Scènes insolites
Au centre de son reportage, un militant évoquant le passé, le présent et l’avenir de ce secteur lillois. Mais la caméra a aussi enregistré les témoignages de riverains qui ont accompagné le groupe. Comme elle s’est arrêtée sur quelques scènes insolites : un chien portant un noeud papillon coloré ou un pélican dessiné sur une façade de bâtiment, non loin de la place Catinat. À signaler, enfin, un arrêt devant les célèbres plaques de la rue Roland, corrigées en « Groland » par quelque étudiant plaisantin. Au final, des prises de vue et des tranches de vie diurnes et nocturnes, que certains téléspectateurs ou internautes découvriront dans quelques semaines. Décidément, la ville n’en finit pas d’attirer les regards... • CH. D. (CLP)
27.9.07
Rencontre du troisième T.P.
Jeudi 27 septembre. 18 heures 46. Par un concours de circonstances extraordinaire, je me retrouve seul-à-seul avec Tony Parker[1], pour une petite interview au Hyatt Vendôme, le luxueux hôtel de la rue de la Paix dans le IIe arrondissement à Paris. A peine le temps de lui poser trois questions…Tony Parker, vous organisez une soirée de gala ce soir pour l’association Make a wish [2] que vous parrainez. Pourquoi est-ce important de se mobiliser pour la cause défendue par cette organisation ?TP : C’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. J’aime bien aller au contact des jeunes et il y a deux ans, je me suis engagé après une rencontre avec un petit malade. C’est lui qui m’a donné envie de m’investir dans cette œuvre caritative. Et avec ma mère, on a decidé de donner du temps à Make a wish parce que tu vois, ma vie c'est un peu comme un rêve quand même. J’en ai pris conscience et donc maintenant, j’ai envie d'aider les autres, de recolter de l’argent et de rendre la vie plus douce aux enfants de 3 à 18 ans qui sont en phase terminale.
Vous dîtes que votre vie est un rêve. La prochaine étape de ce rêve, c'est la légion d'honneur que vous allez recevoir du président Sarkozy ?
TP : Oui, ça me fait plaisir ! En fait, c'est plus mon entourage qui est excité parce que moi, j'ai du mal à m’en rendre compte. Jamais j'aurais imaginé recevoir une telle récompense. C'est un honneur, je suis très, très content : c'est pas tous les jours qu'on peut aller à l'Elysée. Ca va être super d’y aller avec ma famille et mes amis...
Le championnat de basket de Pro A (première division française) reprend demain. Vous avez des favoris ?
TP : Je supporte mon frère [3] évidemment et donc je vais suivre Nancy. D'ailleurs, je vais aller les voir jouer ce samedi mais je n’ai pas de favori pour le titre. Je ne m'y connais pas assez... Tout ce que je sais, c'est que tout peut arriver dans ce championnat parce que la finale se joue en un seul un match !
18 heures 49. L'interview a duré trois minutes montre en main. Son souvenir restera gravé dans ma mémoire sans doute plus longtemps...
Samuel Duhamel
[1] Pour les extraterrestres qui ne connaîtraient pas Tony Parker, sachez qu’il est le basketteur français le plus doué de l’histoire. Il a été le plus jeune meneur de jeu titulaire dans l'histoire du championnat américain (National Basketball Association - NBA) à 19 ans et 173 jours, il a gagné trois fois le championnat NBA (2003, 2005, 2007) considéré comme le plus relevé au monde, il a été élu meilleur joueur de la finale 2007 et a été sélectionné en 2006 et 2007 au All-Star Game, le match d'exhibition entre les meilleurs joueurs du championnat américain.
[2] Make a wish est une association sans but lucratif qui fonctionne grâce au travail de bénévoles. Leur mission est de réaliser le vœu d’enfants atteints de pathologies lourdes. L’histoire de Make a Wish a commencé aux Etats-Unis en 1980. Aujourd’hui, l’association a « réalisé plus de 100 000 vœux » grâce au travail de 50 000 volontaires.
[3] Terence Jonathan Parker, le frère de Tony, joue meneur de jeu dans l'équipe de Nancy.
26.9.07
Docteure Roselyne et misses Bachelot
Joviale et avenante comme à son habitude, Roselyne Bachelot a présenté aujourd'hui le budget que consacrera l’Etat à la Jeunesse et aux Sports en 2008. Au total, c’est plus d’un milliard d’euros qui sera consacré à ce ministère, soit environ 0,4 % du budget de l’Etat.Mais outre ce chiffre brut, l’information principale de la conférence de presse organisée par Bachelot concerne la ministre elle-même. D’un côté, l’ancienne députée de Maine-et-Loire fait preuve de bon sens et de solidarité en assurant que, dorénavant, les athlètes paralympiques toucheront une prime analogue à celle de leurs collègues valides en cas de médaille aux Jeux Olympiques. 50 000 euros pour l’or, 30 000 pour l’argent et 20 000 pour le bronze… Une enveloppe de près de 5 millions d’euros est d’ailleurs prévue pour féliciter et remercier nos futurs champions lors des JO de Pékin. [1]
De l’autre, la Sarkozette annonce qu’elle pense se rendre deux fois dans la capitale chinoise en août et septembre prochains : une fois pour y soutenir les Tricolores valides, une autre pour y encourager les bleus handicapés… Mais quelle mouche l'a donc piquée pour qu'elle ose sortir une ineptie pareille ? Un aller / retour Paris – Pékin représente un voyage de 16 440 kilomètres en avion, soit 264 000 litres de kérosène consommés[2]. Pour une ministre, passe encore ! Mais remettre le couvert deux semaines plus tard, c’est vraiment ne rien comprendre à l’expression « changer de modèle de société ». Si Bachelot tient son « engagement », elle aura, brûlé à elle-seule 1 200 litres de pétrole en à peine deux semaines, juste pour ce double voyage. 1 200 litres de pétrole, c’est ce que consomme le Burkinabé moyen en un an… pour couvrir l’ensemble de ses besoins en énergie.
Décidément Chirac avait raison : la maison brûle et nous regardons ailleurs…
Samuel Duhamel
Ps : Roselyne Bachelot a été ministre de l’Ecologie et du développement durable entre 2002 et 2004.
Samuel Duhamel
Ps : Roselyne Bachelot a été ministre de l’Ecologie et du développement durable entre 2002 et 2004.
20.6.07
Bernadette Chirac, madâme de fer
C’est l’histoire d’une première Dame de France qui, grisée par les sirènes du pouvoirs, en oublie son humanité. C’est l’histoire d’une élue corrézienne qui, mariée au Président de la République, se prend pour la Reine du pays. C’est l’histoire d’une pauvre vieille femme qui, restée trop longtemps dans l’ombre, veut prendre sa revanche sur la vie.L’héroïne de Madâme, le dernier documentaire de John Paul Lepers (Elysez-moi, En avant, marche !...) et de Jean-Sébastien Desbordes, s’appelle Bernadette Chirac. On l’a tous lue, vue, écoutée sans jamais avoir réussi à la cerner. D’elle, on ne connaît vraiment que ses coupes de cheveux déjantées et ses élans de générosité, à coups de pièces dorées. Le film de Lepers lève le voile sur le reste. On y découvre une suzeraine autoritaire qui ne supporte pas la critique ou la remise en cause de son statut de femme d’Etat. Sa méfiance envers les citoyens trop irrespectueux ou pas assez obséquieux est saisissante. Alors, quand Lepers et son équipe débarquent aux réunions publiques où elle se rend, la vieille dame se raidit. Chirac est une bourgeoise réservée et froide. Fille d’aristocrates parisiens, née Chodron de Courcelles, elle contraste singulièrement avec son paysan de mari… A l’Elysée, pendant douze ans, elle s’est comportée en être supérieur avec son entourage alors que la Constitution de la Ve République ne lui garantissait aucun pouvoir. Et pourtant ! Autocensure des journalistes, servilité des employés de l’Elysée, soumission de ses adversaires politiques corréziens… Son influence a été énorme.
Le film est basé sur l’opposition, imposée par la dame de fer, entre elle et Lepers. Ce dernier apparaît souvent à l’image, sans doute plus qu’elle. Mais n’y voyez pas de tentation du « je » ou de narcissisme primaire. Le journaliste se montre parce qu’il souhaite aller l’encontre de Bernadette Chirac, parce qu’il veut la comprendre. Certes, quelques questions révèlent un poil de mauvaise foi ou d’arrogance. Et alors ? L’important est ailleurs. La grandeur du documentaire réside dans l’affrontement entre une Chirac, engoncée dans ses certitudes, qui se considère supérieure au reste de la population et un Lepers, qui sincèrement, intellectuellement, presque naïvement, ne comprend pas pourquoi une femme de Président peut agir en monarque absolue dans une République. Le choc des cultures est captivant.
Au-delà de ce dialogue de sourds entre les deux protagonistes, le film recèle une part d’enquête fort attrayante : on y découvre par exemple les mensonges proférés publiquement sur les quantités de pièces jaunes récoltées, les collusions entre la Chiraquie et TF1 via Anne Barrère, ancienne conseillère de la « Présidente » et épouse de Robert Namias, directeur de la rédaction de la première chaîne, les détournements de moyens publics à des fins privées, les abus de pouvoir de la première Dame de France sur ses terres corréziennes… Un vrai régal !Rythmées par d’agréables phrases musicales de Romain Dudek, les séquences du film contiennent des perles comme cet échange entre Lepers et les policiers chargés de surveiller l’entrée du château de Bity, propriété des Chirac, ou cette discussion à bâtons rompus avec les amis Milou et Jean-Pierre, des voisins du couple présidentiel. Intéressant, séduisant, instructif : Madâme est un documentaire d’actualité réussi. A voir absolument !
Samuel Duhamel
Madâme, le film de John Paul Lepers et Jean-Sébastien Desbordes, production : 17 juin média et On y va ! média, 90 min, 2007
Pour aller plus loin : - http://www.latelelibre.fr/ (la télévision indépendante de la bande à Lepers sur Internet)
- http://blog.romaindudek.net (le blog politique et musical de Romain Dudek, le compositeur des musiques du documentaire), avec un extrait juste là.
14.6.07
Clearstream par Denis Robert
Raconter la vérité, rien que la vérité, toute la vérité sur une nébuleuse opaque de la finance internationale… Voilà la mission périlleuse que s’est donné le journaliste Denis Robert en écrivant Clearstream, l’enquête. Bien lui en a pris. Devenu l’un des sujets d’actualité les plus brûlants des derniers mois, le volet politico judiciaire de l’affaire Clearstream reste un sujet abscond pour les citoyens non-initiés aux pratiques perverses des chambres de compensation. Il fallait donc un livre pour éclaircir les zones d’ombre et rappeler, fait après fait, tenants et aboutissants du « plus improbable steeple-chase judiciaire de ces trente dernières années ».
L’objectif est largement atteint. Rien d’étonnant à cela : après deux livres (Révélation$ et La Boîte noire, éd. Les Arènes) et deux enquêtes télé (Les Dissimulateurs et L’affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo, prod. The factory), Denis Robert est devenu le spécialiste des dérives de la banque des banques. Le livre répondra donc à toutes les questions qu’un citoyen en alerte est en droit de se poser sur les errements de la société luxembourgeoise et sur ses incidences hexagonales. Quelles sont les responsabilités de Villepin et Chirac ? Sarkozy est-il totalement innocent dans cette histoire ? Pourquoi Jean-Louis Gergorin, dit le corbeau, a-t-il envoyé des listes contenant de fausses transactions financières au juge Renaud Van Ruymbeke ?, Les services secrets français sont-ils utilisés à des fins personnelles par les gouvernants ?...
Précis et rythmé, le récit contient de savoureuses anecdotes sur l’inimitié entre Sarkozy et Villepin. Parmi elles, la déclaration de l’ancien Premier ministre, à la lecture des fausses listes de Gergorin, où figure le nom de l’actuel Président : « Ca y est, on le tient ! Si les journalistes font leur travail, et s’ils ont des couilles, il ne survivra pas à cette affaire-là. » La riposte de Sarkozy n’est pas mal non plus : lorsqu’il se sait complètement innocenté, il dépose une plainte avec constitution de partie civile et affirme vouloir « pendre à un croc de boucher celui qui a fait cela. » A l’autre bout de la chaîne, Chirac et Villepin doivent trembler de peur…
Un seul regret toutefois : l’ouvrage raconte parfois davantage la manière dont Denis Robert a vécu l’affaire Clearstream que l’affaire Clearstream elle-même. Les passages où l’auteur décrit ses impressions et ses sentiments sont peut-être trop nombreux eu égard à l’absence d’interviews ou de témoignages extérieurs. Un aspect négatif qu’on oublie fort vite, tant le fond du dossier est captivant.
Samuel Duhamel
Affaire Clearstream 2 : qui a fait quoi et que s’est-il passé ?
Pour les lecteurs souhaitant savoir, dans les grandes lignes, ce que contient le volet politico judiciaire de l’affaire Clearstream, voici une synthèse revenant sur les faits et les implications de chacun. Ce résumé est issu de livre de Denis Robert, Clearstream, l’enquête.
« Ma seule obsession, depuis le début de cette aventure, a été la vérité. C’est un peu con à dire. Sans doute présomptueux. Mais c’est ainsi. Soyons pragmatique… Qu’est-ce que la vérité ? Le contraire du mensonge et de la communication. L’information. »
Denis Robert
A la suite de Denis Robert, de nombreux journalistes ont pertinemment disjoint le volet financier du dossier – dit affaire Clearstream 1 – de son aspect politique – dit affaire Clearstream 2 –. Robert est un spécialiste de la chambre de compensation luxembourgeoise. Il connaît donc les deux facettes de l’intrigue sur le bout des ongles. Il a consacré deux livres[1] au premier volet de l’histoire. Ils racontent comment Clearstream, une chambre de compensation internationale, a dissimulé des transactions financières, a blanchi de l’argent sale et a noirci de l’argent propre au profit de multinationales et de riches individus. Les sommes détournées ou cachées se mesurent en dizaines de trillions d’euros (13 zéros…) dans certains cas.
L’information financière : le nerf de la guerreL’affaire Clearstream 2, celle qui nous intéresse ici, est en quelque sorte la conséquence française des dérives révélées par Denis Robert dans ses deux premiers ouvrages sur la banque
des banques luxembourgeoise. Opposé à Clearstream et à ses banques partenaires pour diffamation dans une vingtaine de procès – qu’il remportera d’ailleurs quasiment tous –, Robert est un jour contacté par Imad Lahoud, gendre d’un ancien directeur de cabinet de Chirac, François Heilbronner. A l’origine, en 2003, Lahoud déclare à Robert qu’il est impressionné par la qualité de son travail sur Clearstream et qu’il dispose d’informations pouvant l’intéresser. Informaticien, grand boursicoteur et spécialiste du hacking, Lahoud a le profil idéal pour aider Denis Robert dans ses recherches sur les procédés corrupteurs de la firme du Luxembourg. En réalité, l’ancien trader est missionné par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à la demande de Jean-Louis Gergorin. Ce dernier, numéro 2 du groupe EADS, principal vendeur d’armes et d’avions français, et membre du clan Chirac, a fait croire au gouvernement Villepin que son ami Lahoud a réussi à hacker le système informatif de Clearstream et qu’il y a découvert des comptes cachés aux noms de Strauss-Kahn, Chevènement, Madelin… et surtout Sarkozy. Le but de Gergorin et de Lahoud est de récolter un maximum d’informations sur Clearstream et sur les transactions réalisées par leurs adversaires politiques. L’information financière est en effet le nerf de la guerre politique car elle constitue un incroyable moyen de pression. Gergorin et Lahoud cherchent alors à obtenir des renseignements obtenus par Denis Robert après quatre ans d’enquête sur Clearstream. Séduit par les promesses de Lahoud et ses connaissances du dossier, Robert accepte de lui transmettre une liste contenant plus de 33.000 références de clients.
Le nœud de l’intrigue est alors noué. Chacun y trouve son intérêt. Lahoud et Gergorin obtiennent des informations confidentielles sur Clearstream auprès de Robert. Denis Robert se sent soutenu par un hacker de génie (Lahoud) et voit son enquête se poursuivre à l’échelon national. Villepin et Chirac sentent qu’ils peuvent décrédibiliser Nicolas Sarkozy pendant de longs mois car son nom figure sur la liste du réseau de corruption de Clearstream. Sauf que la liste est fausse. A l’époque (mi-2004), seuls Lahoud et Gergorin le savent…
Où Gergorin devient le corbeau…
Zélé autant que malhonnête, Gergorin va alors envoyer les faux listings au juge Renaud Van Ruymbeke, lui demandant de vérifier leur exactitude. Il sait qu’analyser des fichiers informatiques opaques, comme ceux de la finance internationale, réclame du temps, beaucoup de temps. Suffisamment en tout cas pour que Strauss-Kahn et Sarkozy soient plombés juridiquement et médiatiquement jusqu’à la présidentielle. C’est ainsi qu’il
envoie les premiers courriers anonymes au juge qui décide d’instruire l’affaire. Ces derniers contiennent des comptes et des preuves de commissions qui auraient bénéficié à une soixante d’initiés, dont Sarkozy, Madelin, Chevènement… Le corbeau est né, l’affaire Clearstream 2 aussi.
Une manipulation savamment orchestréeLe pari de Gergorin et Lahoud est réussi. Villepin se délecte de savoir que son meilleur ennemi Sarkozy va être inquiété par la justice. Chirac évoque en interne un troisième mandat. Bref, tout va pour le mieux en Chiraquie. Jusqu’à ce qu’un jeune auditeur de la multinationale Arthur Andersen contacte Denis Robert. Florian Bourges explique au journaliste qu’il détient de nombreuses informations sur la firme luxembourgeoise. Il a en effet participé à l’audit de la banque des banques en 2001. Durant cet audit, Bourges a repéré de nombreuses anomalies et il tient à en faire part à Denis Robert pour apporter de l’eau à son moulin. Spécialiste des procédures informatiques et désireux de voir condamner les responsables du réseau de corruption Clearstream, il prend contact avec le juge Van Ruymbeke pour l’aider dans son instruction. Ce dernier lui confie alors l’un des CD-Roms que le corbeau lui a envoyés. La surprise de Bourges est totale : les listes contenues sur le CD-Rom sont en fait la base de son travail d’audit de 2001, à laquelle des noms falsifiés ont été ajoutés. Bref, les données envoyées par le corbeau sont fausses. Sarkozy, Madelin et les autres n’ont pas touché de commissions occultes, ils n’ont rien voulu cacher dans la boîte noire de Clearstream. Tout cela n’est que dissimulation.
Haine Sarkozy – VillepinL’affaire se termine-t-elle ici ? Pas vraiment ! Le Premier ministre Villepin est persuadé que les listes de Gergorin détiennent une part de vérité. Il ne souhaite donc pas transmettre le rapport de la Direction de la surveillance du territoire (DST) qui blanchit les politiques incriminés. Les mois passant, Van Ruymbeke se rend compte de la manipulation et finit par cesser son instruction. Comme les autres, Sarkozy est innocenté. Mais le futur Président n’a pas apprécié de voir le doute et la honte le poursuivre durant de longs mois. Villepin aurait pu le libérer du poids qui pesait sur lui de longue date. Il ne l’a pas fait. La revanche de Sarkozy sera terrible : il dépose plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. En ligne de mire directe : Lahoud, auteur des fausses listes, Gergorin, le corbeau, Villepin et Chirac qui ont voulu se débarrasser d’un rival avec une sinistre affaire judiciaire. Pour l’instant, seuls les deux premiers ont été mis en examen mais il semble que l’on ait pas fini d’entendre parler de l’affaire Clearstream…
Samuel Duhamel
[1] Révélation$ et La Boîte noire, éd. Les Arènes
« Ma seule obsession, depuis le début de cette aventure, a été la vérité. C’est un peu con à dire. Sans doute présomptueux. Mais c’est ainsi. Soyons pragmatique… Qu’est-ce que la vérité ? Le contraire du mensonge et de la communication. L’information. »
Denis Robert
A la suite de Denis Robert, de nombreux journalistes ont pertinemment disjoint le volet financier du dossier – dit affaire Clearstream 1 – de son aspect politique – dit affaire Clearstream 2 –. Robert est un spécialiste de la chambre de compensation luxembourgeoise. Il connaît donc les deux facettes de l’intrigue sur le bout des ongles. Il a consacré deux livres[1] au premier volet de l’histoire. Ils racontent comment Clearstream, une chambre de compensation internationale, a dissimulé des transactions financières, a blanchi de l’argent sale et a noirci de l’argent propre au profit de multinationales et de riches individus. Les sommes détournées ou cachées se mesurent en dizaines de trillions d’euros (13 zéros…) dans certains cas.
L’information financière : le nerf de la guerreL’affaire Clearstream 2, celle qui nous intéresse ici, est en quelque sorte la conséquence française des dérives révélées par Denis Robert dans ses deux premiers ouvrages sur la banque
des banques luxembourgeoise. Opposé à Clearstream et à ses banques partenaires pour diffamation dans une vingtaine de procès – qu’il remportera d’ailleurs quasiment tous –, Robert est un jour contacté par Imad Lahoud, gendre d’un ancien directeur de cabinet de Chirac, François Heilbronner. A l’origine, en 2003, Lahoud déclare à Robert qu’il est impressionné par la qualité de son travail sur Clearstream et qu’il dispose d’informations pouvant l’intéresser. Informaticien, grand boursicoteur et spécialiste du hacking, Lahoud a le profil idéal pour aider Denis Robert dans ses recherches sur les procédés corrupteurs de la firme du Luxembourg. En réalité, l’ancien trader est missionné par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à la demande de Jean-Louis Gergorin. Ce dernier, numéro 2 du groupe EADS, principal vendeur d’armes et d’avions français, et membre du clan Chirac, a fait croire au gouvernement Villepin que son ami Lahoud a réussi à hacker le système informatif de Clearstream et qu’il y a découvert des comptes cachés aux noms de Strauss-Kahn, Chevènement, Madelin… et surtout Sarkozy. Le but de Gergorin et de Lahoud est de récolter un maximum d’informations sur Clearstream et sur les transactions réalisées par leurs adversaires politiques. L’information financière est en effet le nerf de la guerre politique car elle constitue un incroyable moyen de pression. Gergorin et Lahoud cherchent alors à obtenir des renseignements obtenus par Denis Robert après quatre ans d’enquête sur Clearstream. Séduit par les promesses de Lahoud et ses connaissances du dossier, Robert accepte de lui transmettre une liste contenant plus de 33.000 références de clients.Le nœud de l’intrigue est alors noué. Chacun y trouve son intérêt. Lahoud et Gergorin obtiennent des informations confidentielles sur Clearstream auprès de Robert. Denis Robert se sent soutenu par un hacker de génie (Lahoud) et voit son enquête se poursuivre à l’échelon national. Villepin et Chirac sentent qu’ils peuvent décrédibiliser Nicolas Sarkozy pendant de longs mois car son nom figure sur la liste du réseau de corruption de Clearstream. Sauf que la liste est fausse. A l’époque (mi-2004), seuls Lahoud et Gergorin le savent…
Où Gergorin devient le corbeau…
Zélé autant que malhonnête, Gergorin va alors envoyer les faux listings au juge Renaud Van Ruymbeke, lui demandant de vérifier leur exactitude. Il sait qu’analyser des fichiers informatiques opaques, comme ceux de la finance internationale, réclame du temps, beaucoup de temps. Suffisamment en tout cas pour que Strauss-Kahn et Sarkozy soient plombés juridiquement et médiatiquement jusqu’à la présidentielle. C’est ainsi qu’il
envoie les premiers courriers anonymes au juge qui décide d’instruire l’affaire. Ces derniers contiennent des comptes et des preuves de commissions qui auraient bénéficié à une soixante d’initiés, dont Sarkozy, Madelin, Chevènement… Le corbeau est né, l’affaire Clearstream 2 aussi.Une manipulation savamment orchestréeLe pari de Gergorin et Lahoud est réussi. Villepin se délecte de savoir que son meilleur ennemi Sarkozy va être inquiété par la justice. Chirac évoque en interne un troisième mandat. Bref, tout va pour le mieux en Chiraquie. Jusqu’à ce qu’un jeune auditeur de la multinationale Arthur Andersen contacte Denis Robert. Florian Bourges explique au journaliste qu’il détient de nombreuses informations sur la firme luxembourgeoise. Il a en effet participé à l’audit de la banque des banques en 2001. Durant cet audit, Bourges a repéré de nombreuses anomalies et il tient à en faire part à Denis Robert pour apporter de l’eau à son moulin. Spécialiste des procédures informatiques et désireux de voir condamner les responsables du réseau de corruption Clearstream, il prend contact avec le juge Van Ruymbeke pour l’aider dans son instruction. Ce dernier lui confie alors l’un des CD-Roms que le corbeau lui a envoyés. La surprise de Bourges est totale : les listes contenues sur le CD-Rom sont en fait la base de son travail d’audit de 2001, à laquelle des noms falsifiés ont été ajoutés. Bref, les données envoyées par le corbeau sont fausses. Sarkozy, Madelin et les autres n’ont pas touché de commissions occultes, ils n’ont rien voulu cacher dans la boîte noire de Clearstream. Tout cela n’est que dissimulation.
Haine Sarkozy – VillepinL’affaire se termine-t-elle ici ? Pas vraiment ! Le Premier ministre Villepin est persuadé que les listes de Gergorin détiennent une part de vérité. Il ne souhaite donc pas transmettre le rapport de la Direction de la surveillance du territoire (DST) qui blanchit les politiques incriminés. Les mois passant, Van Ruymbeke se rend compte de la manipulation et finit par cesser son instruction. Comme les autres, Sarkozy est innocenté. Mais le futur Président n’a pas apprécié de voir le doute et la honte le poursuivre durant de longs mois. Villepin aurait pu le libérer du poids qui pesait sur lui de longue date. Il ne l’a pas fait. La revanche de Sarkozy sera terrible : il dépose plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. En ligne de mire directe : Lahoud, auteur des fausses listes, Gergorin, le corbeau, Villepin et Chirac qui ont voulu se débarrasser d’un rival avec une sinistre affaire judiciaire. Pour l’instant, seuls les deux premiers ont été mis en examen mais il semble que l’on ait pas fini d’entendre parler de l’affaire Clearstream…
Samuel Duhamel
[1] Révélation$ et La Boîte noire, éd. Les Arènes
25.5.07
Contre la croissance, le progrès
« Sur une planète physiquement limitée comme la nôtre, une croissance illimitée des productions matérielles est clairement impensable. » Une évidence, non ? Pas tant que çà au vu des déclarations de 95% de nos dirigeants. A droite, à gauche et au centre, on reste persuadé, après 250 ans de productivisme, que la solution de tous nos maux réside dans le toujours plus. Contre le chômage, la croissance. Contre la misère, la croissance. Contre la dette, la croissance. Contre le dérèglement climatique, la croissance…L’ouvrage de Christian Comeliau, La croissance ou le progrès ?, renverse cette idée répandue avec brio et intelligence. Sans dogmatisme, il démonte les artefacts de l’idéologie dominante et souligne les limites du système capitaliste. Accroissement des inégalités, augmentation du nombre de miséreux, destruction de la planète…, la croissance du PIB a engendré de nombreux maux, sans apporter de solutions aux problèmes qui rongent nos sociétés.
La force du livre de Comeliau consiste à montrer que les fruits de l’accumulation des richesses profitent d’abord aux nantis. Si une minorité de privilégiés accèdent au confort et à l’abondance, c’est uniquement parce qu’une majorité de sans-grade sont contraints au dénuement. « Nous demandons à la Terre plus qu’elle ne peut nous donner », résume Comeliau, reprenant à son compte le discours de l’écologiste américain Lester Brown. Mais alors pourquoi avancer toujours plus vite si nous avons pris la mauvaise direction ? Egoïsme, mimétisme, poids des habitudes, paresse intellectuelle…, les causes de notre aveuglement sont innombrables. Le défi à relever est donc immense…
Malgré les difficultés, le livre ne sombre pas dans le catastrophisme. Il présente moult remèdes aux fléaux qui heurtent notre civilisation : adoption d’autres indicateurs de progrès social (BIP 40, ISS, IDH, empreinte écologique…), priorité accordée à la lutte contre l’indigence grâce à la régulation et la redistribution, sortie de l’économisme ambiant et recherche de l’équité, de l’autonomie et de la convivialité des relations humaines…
Si le pouvoir politique actuel ne réussit pas à construire une société juste et équilibrée, c’est qu’il utilise des moyens injustes et partiaux. En appeler à la croissance est un manque de responsabilité envers les générations futures et les peuples miséreux. Pour Comeliau, il faut imaginer un autre avenir, changer de paradigme pour pouvoir enfon vivre ensemble sur la planète. A la lecture de son livre, difficile de ne pas être d’accord avec lui !
Samuel Duhamel
La croissance ou le progrès ?, Croissance, décroissance, développement durable, Christian Comeliau, Seuil 2006, Paris, 23 €
17.5.07
Ca sent la défaite !
23 avril 2007, 19h50, au café citoyen à Lille. Tout le monde espère qu'il ne sera pas là... Malheureusement, il arrive en tête. Les réactions entre amerture et espérance...
Samuel Duhamel
Les sans-papiers en veulent à Lambersart !
Début avril 2007, la campagne présidentielle bat son plein mais des dizaines de milliers de sans-grade restent écartés des débats publics. Ce sont les sans-papiers. Pour faire face à l'indifférence, il leur reste la lutte. Reportage à Lambersart.
Sophie Sassard et Samuel Duhamel
Europe : pourquoi l'indifférence ?
Au même titre que la décroissance ou les retraites, l'Europe a été laissée de côté pendant la campagne électorale. Pourtant, 70% de nos lois sont d'origine continentale. Alors, pourquoi ce snobisme ?
Laure Boutin et Samuel Duhamel
Contre l'asthme... le sport
Depuis trois ans, les acteurs institutionnels de la région Nord-Pas-de-Calais se mobilisent lors de la Journée mondiale de l'asthme. Cette année, le thème de cette journée était "Asthme et activité physique". Reportage au centre hospitalier de Roubaix.
Anthony Clément et Samuel Duhamel
Bomy et le vote CPNT
Bomy est un village du Nord-Pas-de-Calais ayant voté en masse pour Jean Saint-Josse en 2002. Tentatives d'explication à quelques jours du premier tour de l'élection de 2007.
Anthony Clément et Samuel Duhamel
Inscription à :
Articles (Atom)
